Cueillette au pied des voies: Pulmonaire – Pulmonaria officinalis

Le long des marches d’approche boisées, il n’est pas rare de croiser de jolies touffes de feuilles parsemées de taches blanches… Vous pourrez même en trouver au pied des falaises, si celles-ci sont un peu humides… Cette plante facilement reconnaissable est la pulmonaire, son nom est un exemple parfait de la fameuse « théorie des signatures ». Elle est peu usitée et relativement oubliée aujourd’hui, alors re-découvrez ses bienfaits, des anecdotes et certaines de ses utilisations médicinales/culinaires dans cette fiche!

Les photographies ci-dessous ont été prises sur les sites de blocs granitiques de Laramade et sur celui d’Orlu, tous les 2 situés en Ariège. 😉

Pulmonaire © Ivan Olivier Photographie (2)

ღ Un peu de botanique

Pulmonaria officinalis planche
Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, 1885

Nom(s) commun(s): Pulmonaire, Herbe aux poumons, Sauge de Jérusalem, Coucou bleu, Herbe de coeur, Herbe au lait de Notre-Dame…
Nom latin: Pulmonaria officinalis
Famille: Boraginacées
Partie récoltée: feuilles de la première année
Lieux: commune dans les bois feuillus humides, en lisière, lieux ombragés humifères, pâturages de montagne, sols plutôt calcaires.
Brève description: herbacée vivace, 10 à 40 cm de hauteur, feuilles assez larges, pointues, avec régulièremes des tâches blanches. Les feuilles caulinaires sont sessiles, celles de la rosette sont pétiolées. Toute la plante est poilue/velue. Les pédoncules floraux sont dressés et eux-aussi sont couverts de poils. Fleurs disposées en cymes d’avril à Juin-Juillet, d’abord rose pourpre puis bleu violacé une fois fécondées, type 5, en tube. Tige souterraine à nombreuses radicelles: sa multiplication peut se faire par division de pieds.

Pulmonaire © Ivan Olivier Photographie (9)

ღ Principales propriétés médicinales (feuilles)

Emolliente et adoucissante (plante fraîche) (dermatoses, irritations de la gorge)
ツExpectorante et anti-toussive (bronchites, catarrhes pulmonaires, coqueluche)
ツSudorifique, reminéralisante et astringente
ツFortifie les bronches et calme l’inflammation
ツAgit sur la sclérose du tissu pulmonaire, asthme… (Je vais notamment tester cette propriété d’ici peu puisque les chimios de 2016 m’ont sans doute fibrosé les poumons...)
ツ Aujourd’hui en désuétude, la plante avait été utilisée pour lutter contre la tuberculose.

Quelques constituants actifs pour les fins connaisseurs: Possède notamment des mucilages, de l’allantoïne, des minéraux dont de l’acide silicique soluble, des flavonoïdes, des tanins, des saponosides, des alcaloïdes, des acides-phénols, de la vitamine C, des résines…

Interdite à la vente en France depuis 2011Voir plus bas sur les précautions à prendre. La pulmonaire contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques en très faibles quantités contrairement aux plantes de la même famille qui peuvent en contenir beaucoup plus. « Bien que la plante en contienne en quantité trop faible pour que le moindre problème consécutif à son emploi n’ait jamais été relevé, la plante est interdite à la vente depuis 2011 » (source: François Couplan). Il faudra donc aller la cueillir! 😉 Cela, vous avez encore le droit! 

« Théorie des signatures »: La pulmonaire est un parfait exemple de la célèbre pratique médiévale de traitement per signaturam, c’est-à-di­re en fonction de la similarité. Ici, les tâches blanches évoquent les alvéoles pulmonaires ou encore les poumons touchés par la maladie… Elle était utilisée au XVIe siècle pour les ulcères du poumon par exemple.

Pulmonaire © Ivan Olivier Photographie (1)

ღ Quelques usages et utilisations…. et pas que pour les grimpeurs !

ツ compléments alimentaires: extraits, teintures, poudres….

La plante n’est plus en vente depuis 2011, néanmoins, vous pouvez retrouver des macérations alcooliques ou teintures-mères dans certaines herboristeries: chez Louis Herboristerie ou BioSimples par exemples. La posologie est usuellement d’environ 25 gouttes par jour, mais veillez à respecter celle des producteurs! Vous pouvez aussi vous la fabriquer vous même, à raison d’une macération alcoolique des feuilles en petits morceaux (rhum à 50° par exemple), pendant 3 semaines en montée de Lune. Filtrer puis mettre en pot stérilisé, opaque, à l’abri de la chaleur et de la lumière.

Pulmonaire © Ivan Olivier Photographie (3)
Petits trucs pour reconnaître la pulmonaire: ses tâches blanches et ses poils relativement drus
ツ Infusions, décoctions

Plusieurs herboristes préconisent une décoction légère (laisser bouillir environ 5 minutes), à raison d’une cuillère à soupe par tasse.  Prendre 2 à 3 tasses par jour mais pas d’usage prolongé. Saveur douce veloutée en bouche. On peut l’agrémenter avec du thym pour plus de pep’s mais également pour avoir un effet antiseptique pulmonaire supplémentaire.

GC - Pulmonaria officinalis séchage
Il est nécessaire de laisser sécher les feuilles dans un endroit bien ventilé car elles peuvent être facilement sujettes à moisissure. Les claies en bois avec moustiquaire sont idéales ou encore le déshydrateur.
ツ Homéopathie

On retrouve également la pulmonaire en homéopathie sous son nom latin: PULMONARIA OFFICINALIS. Ce remède est essentiellement utilisé en pneumologie et en gastro-entérologie. En pneumologie : en cas de bronchites chroniques, de pneumopathies. En gastro-entérologie : en cas d’hémorroïdes, de diarrhées.

Pulmonaire © Ivan Olivier Photographie (6)

ツ usages culinaires

François Couplan goûte et cuisine les plantes sauvages. Pour lui, les feuilles de pulmonaire se rapprochent de la consoude ou de la bourrache mais elles ont l’avantage d’être « moins piquantes ». Leur saveur est douce, on peut en faire des beignets ou les cuire comme des épinards. Les jeunes feuilles peuvent se manger « nature ». Les fleurs aussi sont comestibles et décorent les salades printanières!

Pulmonaire © Ivan Olivier Photographie (4)
Dernier petit truc pour reconnaître la pulmonaire: le « fil » qui sort du pétiole de la feuille lorsqu’on la cueille.
ツ usages externes

En cataplasmes de plantes fraîches broyées sur les engelures, les blessure légères… En infusé froid, sur des compresses pour le coté vulnéraire et adoucissant, les dermatoses. Mais également en décocté froid, en bains de bouche et gargarismes pour les inflammations de la bouche et de la gorge.

Pulmonaire © Ivan Olivier Photographie (7)

 

– Toxicité –
attention Les alcaloïdes pyrrolizdiniques sont toxiques pour le foie. Bien que la plante n’en contienne que très peu, la plante a été retirée de la vente en 2011. Nous pouvons toujours la cueillir mais par principe de précaution, nous n’en ferons pas d’usage prolongé.

– Contre-indications
Aucune selon les différentes sources

– Bonnes pratiques
(Re) Lire la FAQ sur les plantes médicinales.

– Rappels importants –
Les informations décrites plus haut sont mises à votre disposition à titre indicatif et informatif selon leurs propriétés traditionnellement reconnues. Elles sont la synthèse de lectures de différents ouvrages scientifique ou traditionnels réputés ainsi que de différentes formations/expériences personnelles. Elles ne sauraient en aucun cas constituer une information médicale, ni même engager notre responsabilité. Ne cueillez jamais une plante sans être certains que c’est la bonne et respectez toujours une charte de bonne cueillette!
Si vous réalisez des cueillettes, recettes présentées sur ce blog, Gratteron et Chaussons décline toute responsabilité quant aux éventuelles allergies ou mauvaises manipulations. Veillez à prendre toutes les précautions d’usage. De plus, ce blog ne possède pas de visée thérapeutique; il aide seulement au mieux-être et à l’entretien de sa santé, veuillez consulter votre médecin, votre pharmacien ou autre professionnel de santé si vous avez le moindre doute. Il n’est pas dans l’intention du blog Gratteron et Chaussons de poser des diagnostics ou de remplacer une consultation. Il décline toute responsabilité dans les cas d’auto-prescription sans l’autorisation préalable d’un professionnel de santé.

Bonne grimpe et bonne cueillette !logo gratteron et chaussons

Principales sources: Formation herboristerie ELPM – Le petit larousse des plantes médicinales (éd. Larousse) – Encyclopédie des plantes médicinales (éd. Larousse) – Le petit larousse des plantes qui guérissent (éd. Larousse) – Secrets des plantes (Michel Pierre) – Secrets d’une herboriste (Marie-Antoinette Mulot) – L’herboristerie (Patrice de Bonneval) – Site d’Andrée Fauchère – Site de Créapharma –  Site de Thérapeutes magazine

 

À propos des auteurs de G&C

Nous sommes Mélanie et Ivan, 2 passionnés d'escalade et de plantes médicinales, 2 amoureux de montagne et de nature! Depuis 2016, à travers Gratteron et Chaussons, nous vous faisons (re)découvrir les jolies falaises de France (et d'ailleurs!) et le savoir-faire des plantes médicinales. Mélanie est conseillère en plantes médicinales & réflexologue plantaire, vous pouvez jeter un oeil à ses séances en Ariège PAR ICI. Ivan est grimpeur-skieur, photographe et cordiste, vous pouvez retrouver ses prestations photo PAR LA. A bientôt!


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