Lymphome de Hodgkin: l’escalade m’a offert la liberté

Etre prisonnière de soi, de son mental qui vacille, de sa douleur, de ses frustrations, des traitements endurés… La maladie révèle en nous des faces que nous ne connaissions pas. Des forces mais aussi des faiblesses. Pour nous, pour la famille, pour les amis, pour les connaissances. L’escalade a été pour moi, pour nous, le lien salvateur, le bouton « pause », le souffle qui nous redonne la bouffée d’oxygène quand on commence à suffoquer… Stéphanie Bodet a demandé la lune au rocher…. et moi j’ai remercié le rocher pour ses moments volés de liberté qu’il m’offrait… suspendant le temps au bout d’une corde… Mais, comme pour Stéphanie, le rocher m’a tout donné

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Année 2015. Errances médicales.
Vendredi 13 mai 2016. 1ère séance de chimio.
Vendredi 4 novembre 2016. Dernière séance de rayons.

Un article pouvant peut-être apporter un peu d’espoir aux grimpeurs atteints du cancer, leur montrant qu’ils ne sont pas seuls et que d’autres sont aussi passés par là, qu’ils les comprennent, et leur dire que s’ils le peuvent, qu’ils continuent à pratiquer ce sport qui vaut son pesant d’or… Un article, sans doute aussi pour me libérer, mettre des mots et remercier publiquement le rocher, la vie et tous ceux autour de moi qui ont tellement fait…

Cet article est écrit dans un but d’échanges, de partages d’expériences. Il ne va pas vous raconter les détails de ma maladie, tout le monde s’en fiche, mais quels rôles bienfaisants a joué l’escalade ces derniers mois, comme nous pouvons le retrouver sur le site Climbers against cancer.

ღ Il n’y a pas que les cordes qui s’emmêlent…

… Le corps aussi… Un premier petscan suspect en novembre 2015, il y’a un an. Cette grosseur dans le cou découverte en février 2016, anormale et ne cessant d’évoluer. Puis la cytoponction et l’appel de l’ORL dès le lendemain, osant (et je le remercie) déjà me parler de maladie des ganglions. Le mot cancer raisonne en moi. Un mot qui fait peur. Un mot lancé tel un coup de poignard une matinée d’avril 2016 avant de partir en vacances… Les examens s’enchainent: la biopsie, le scanner et enfin le 2e  petscan venant confirmer les résultats: il y a moi et mon colocataire un peu encombrant.

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RDV avec l’hématologue: Cancer des Ganglions… Lymphome de Hodgkin… « Mais vous savez, c’est un cancer que nous maitrisons bien, les chances de guérison sont grandes« . Malgré cela, il faut avaler le morceau, ravaler ses larmes (ou pas), essayer de l’accepter, de ne pas paniquer mais aussi se dire « Et comment je vais l’annoncer autour de moi? » Ce n’est pas un simple rhume… Et comment l’annoncer à sa propre mère, à qui il ne reste que ses 2 enfants, et qui a perdu toute sa famille pratiquement de cancers différents? Essayer l’humour ironique et se rassurer soi-même: « Non, mais ne t’inquiète pas, ils ont dit que c’était un cancer qui se soignait bien et les personnes que je rencontre et qui connaissent ce cancer me disent la même chose. Et puis, il faut espérer que je tienne du coté Dupuis plutôt que Gallois: regarde, papa a eu un mélanome pris à temps et guéri, idem pour son frère qui a eu un cancer de la prostate, guéri aussi« . Apprendre à cohabiter et à faire un bout de voie avec ce colocataire, jusqu’au relai puis le laisser partir et continuer la route, seule, libérée.

A lire en complément:
– sur gratteron et chaussons: « Le début des aventures »
– sur vert-citron: « Le corps s’en-mêle: Vers une complémentarité des médecines » et « Lettre Ou-verte« 

Des moments volés de liberté

ツDes nuits sous les étoiles

Dès la première chimio, les infirmières nous avaient prévenus: à raison d’une séance tous les 15 jours, j’aurai une semaine « sans » et une semaine de répit… Ce fut à peu près le cas au début et nous avions alors installé un rituel: les 2 jours avant la chimio suivante, nous partions en camion pour grimper et changer d’air, passer une nuit en extérieur… dans tous les sens du terme.

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Si mon état le permettait, on allait grimpouiller les jours précédant ce voyage que nous nous octroyions.  Cela nous permettait de nous évader de ces moments où l’on se sentait impuissants, prisonniers… Partir et grimper vers la liberté! Etre encordés mais plus que jamais être libres! Se vider la tête, essayer de penser à autre chose, de maintenir un peu de forme physique, de raccommoder le moral, de nous retrouver…

Et puis mine de rien, d’un point de vue médical, les traitements attaquant aussi les cellules saines des globules blancs et rouges, l’escalade au grand air me permettait, avec l’aide de quelques compléments alimentaires naturels, de les maintenir à un taux relativement correct. Les médecins étaient satisfaits… et moi aussi!

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ツLa tribu des Grimpeurs-Cueilleurs

Un site réunissant la grimpe et les plantes médicinales… Cela faisait quelques mois que nous en parlions… Le cancer nous aura mis le pied à l’étrier (à quoi bon toujours reporter? La maladie nous montre à quel point la vie peut tenir à un fil (et à un nœud de huit 😉 )…) et ce fut pour moi, mais aussi pour Ivan, un autre moyen de voyager. Mettre en forme le projet, le voir prendre vie, le rendre le plus beau possible, le plus accessible, commencer à écrire les premiers articles et espérer que de futurs lecteurs y adhèrent! Passionnant!

Les jours « sans », cela nous permettait de nous remémorer nos escapades et de rêver aux prochaines, en se disant « aller plus que (encore) 5 chimios« . Pendant la maladie, certains écrivent un journal intime, d’autres une biographie. Pour ma part, ce fut la rédaction d’articles évoquant la vie et les petits bonheurs, les joies de l’escalade et les bienfaits des plantes médicinales pour les bobos de grimpeurs! Si mon corps était prisonnier, ma tête pouvait encore s’évader, du moins pendant les moments pas trop difficiles…

  L’escalade et ses anecdotes

ツGénat, la tête dans le caillou

Le jour de la première annonce par l’ORL, je ne suis pas allée travailler l’après-midi. J’ai filé rejoindre Ivan qui était à la falaise de Génat avec des amis, et empruntant un baudrier et des chaussons trop grands pour moi, j’ai voulu grimper, grimper et grimper encore, avant de partir pour Avignon pour le week end. (et de nouveau grimper… 😉 ) Pour une fois, je n’avais aucune notion de peur sur le rocher, je voulais sans doute me prouver que j’étais bien en vie et évacuer tout ce que je venais d’entendre. Sortir la colère, la frustration. Sentir le soleil, le vent, le rocher, tous ces contacts apaisants et énergisants.

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ツChambre implantatoire… petit conseil pour les grimpeurs!

Lorsque j’ai parlé de l’escalade à l’infirmière le premier jour, elle m’a dit d’en toucher 2 mots à l’anesthésiste car les chambres implantatoires peuvent gêner certains mouvements. Cependant, il est possible de modifier un peu leur place, notamment, par exemple, pour les femmes et le port de débardeurs… Pour ma part, je m’en fichais des bretelles, je voulais surtout que cela ne me gène pas dans ma pratique de l’escalade puisque cette dernière était vitale pour moi contrairement au débardeur…

Le jour de l’opération pour implanter cet objet sous la peau, j’en ai donc parlé à l’anesthésiste et à son infirmier…. Et figurez-vous que… les 2 pratiquaient également l’escalade! L’aubaine! Ils m’ont donc posé le porte à cath tout comme il fallait pour la grimpe et l’amplitude des bras! Les seuls moments où ce dernier m’aura gênée, ce fut les premiers jours lors de sa mise en place, le temps que ca cicatrise un minimum, lors de portages de sac à dos (la bretelle allant alors pile poil dessus), et lors de certains mouvements en moulinette quand la corde vient taper contre le porte à cath….

ツVertiges, le héros d’une vie

Au mois de juin, après les premières chimios, je découvrais avec bonheur Christophe Bichet et par la même occasion son film-biographie « Vertiges « . Une superbe leçon de vie, un beau message d’espoir, un grimpeur hors-normes dans tous les sens du terme. Une biographie qui me donna les larmes aux yeux, non pas de tristesse, mais de joie, de vie simple et de nature. Accepter ce qui est, en conscience, et profiter des moments de répit, pour apprécier la vie, la vraie. Si vous ne connaissez pas Christophe, vous loupez forcément quelque chose! Beaucoup de malice, des sourires, de l’honnêteté, de la belle escalade… Si je devais choisir un héros, je vous répondrai Christophe Bichet sans hésiter. Et je ne vous cache pas qu’un de nos plus chers souhaits est de pouvoir partager un jour, quelques moments de grimpe avec lui…. pour de vrai et non plus en virtuel! Clic sur l’image ci-dessous pour en savoir plus sur la citation…

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ツPène Haute et sa marche d’approche dans la forêt enchantée ou pas

Au fur et à mesure des chimios, ma semaine « sans » se rallongeait inéluctablement, mon état de forme faiblissait également, mais nous gardions notre rituel salvateur de nos 2 jours en camion. En juillet, nous sommes partis dans les hautes-pyrénées, du coté de Saint Lary Soulan. Petites balades dans les villages, dégustation de crêpes et de gaufres, au final nous sommes arrivés à 18h, sur le col, au pied de Pène Haute. Ivan n’était pas forcément très chaud pour grimper, trouvant que c’était déjà un peu tard. Pour ma part, il était hors de question, que je loupe un moment d’escalade… Nous sommes donc montés, plus longuement que prévu que sur le topo, au pied de cette magnifique falaise que je découvrais pour la première fois. Wahou! A la sortie de la forêt, c’est une lumière éblouissante et une paroi impressionnante qui nous accueillaient.

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Mais ici, c’est le secteur des voies dures, bien trop dures déjà pour moi en temps normal… Nous sommes donc allés à l’autre extrémité de la falaise. Là où personne ne va. Enchainer 2 ou 3 voies, découvrir ce caillou subtil avec sa technique de grimpe différente, troublante et amusante... Sentir les premiers moustiques arriver, le soleil qui se cache derrière le rocher et voire le jour décliner indiscutablement… Il serait peut être temps de rentrer au camion, non?

Redescendre hors-sentier, sentir son cœur commencer à s’emballer, son souffle venir à manquer. Sentir son sac de plus en plus lourd et butant sur le porte à cath, voir l’obscurité qui s’épaissit de plus en plus dans la forêt. Commencer à voir des papillons devant les yeux. Il est temps de se poser sur un rocher bienvenu, retrouver ses esprits et qu’Ivan retrouve le vrai sentier… Le sentier bienvenu, où l’on n’a plus besoin de réfléchir, celui qui nous guide, pas après pas, sans plus se presser. Arriver au camion à la nuit tombée et avec un grand ciel étoilé pour accueil.

❝ C’est lorsqu’il fait assez sombre qu’on peut voir les étoiles
– Citation du site Climbers Against Cancer

ツ Aston, le corps et la falaise oubliés

Il y’a un jour, où le lendemain de chimio, je me trouvais plutôt en forme. Ni une ni deux, nous en avons profité pour aller découvrir un rocher ariégeois oublié: la falaise de Coudène d’Aston. Pour ma part, faire un 5b, puis un 5c, tout çà relativement facilement sur un joli caillou… Puis vouloir passer au 6a d’à coté. Mais n’avoir pas senti que mon corps en avait déjà trop fait. Commencer à monter puis arriver à la moitié, n’avoir plus de souffle, ni de bras, ni rien du tout d’ailleurs. Ne rien tenir, sentir la frustration monter, le mental décrocher et vouloir à tout prix arriver au relai… ce n’est pas ce p***** de traitement et ce cancer qui vont m’en empêcher! Tout donner pour la fin, finir par tout tirer aux dégaines pour toucher le sésame, la fameuse chaîne.

Redescendre, se poser. Et se rendre compte que oui, là j’ai vraiment trop donné et que ma chimio de la veille va me le faire payer les jours suivants… Promis, j’ai retenu la leçon d’humilité, depuis ce jour je ne fais les voies que selon mon état de forme général et de mon envie. Ne pas oublier que je grimpe pour le plaisir d’être et non pas pour noter des croix dans un carnet et les montrer au monde entier. Je fais du 5? Et alors? Ça tombe bien, le 5 est mon chiffre de numérologie… 😉

France - Aston © Ivan Olivier Photographie (4)

ツ A l’horizontal de soi….

Ne plus pouvoir grimper. Les dernières séances de chimio ne m’ont laissé aucun jour de répit. Je suis restée un bon mois allongée, à laisser mon mental partir en vrille et mon corps partir à la dérive. Aller aux séances de chimio était une torture, je n’avais qu’une envie: qu’on me laisse tranquille. Les secondes étaient des heures, les heures devenaient des jours, et pour la première fois mes globules blancs chutèrent, mon poids aussi, mon foie montrait des signes de fatigue, je montais à 40°C de fièvre et mes larmes coulèrent tous les jours.

 Le temps nous paraît long et la vie nous semble courte ❞
– Jankélévitch –

Rien, ni personne ne pouvait faire quoi que ce soit contre les douleurs/nausées/manque de sommeil/manque de nourriture/manque de vitalité/organes déréglés/déprime attitude. J’en voulais à la terre entière. La chimio attaquait le corps tout entier, l’esprit y compris.

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ツ Reprise de l’escalade en douceur

En septembre, je partis pour la douceur de la Provence et les effets secondaires de ma dernière chimio commencèrent à s’estomper. Je pus enfin reprendre l’escalade dans des voies cotées sans doute 2 ou 3 mais c’était tellement bon de retoucher le rocher et de sortir tout simplement! Et puis, il faut bien avouer que je ne pouvais pas faire beaucoup plus au début… 4 mois de chimio dont le dernier couchée avaient eu raison de mon souffle et de mes muscles. Je ne me formalisais pas, je laissais tout orgueil de coté, étant tellement contente de me sentir revivre de jour en jour! Les falaises n’avaient pas bougé pendant ces derniers mois, se laissant façonner au fil du temps et je pouvais à présent en profiter en pleine conscience. Ne pas vouloir forcément rattraper le temps perdu mais se remettre à grimper, à vivre et sentir toutes ces petites choses  que nous faisons alors avec plus d’attention et d’intention après une maladie…

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ツ Premières têtes au soleil !

Pendant 15 jours, je grimpais non stop et mon sourire se faisait lui aussi de plus en plus rayonnant. Les réflexes revenaient peu à peu et surtout je m’étais fixée un objectif. En avril, lorsque nous devions partir en vacances, je devais apprendre à grimper en tête… Le traitement nous ayant empêché la moindre tentative de congés ou d’escalade en tête, c’était peut être maintenant le bon moment… L’opportunité de faire un pied de nez aux mois passés, de trouver des falaises aux cotations très faciles et de pouvoir réaliser enfin mes premières voies en leader sous le soleil de Provence! Faire du 4, peut vous sembler dérisoire…. Mais pour moi, après tous ces mois, cela était source de grande joie!

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ツ Première élongation…

En rentrant en Ariège, je voulus refaire mes petits muscles de bras et d’abdominaux, je crus alors bon d’utiliser la poutre d’escalade et d’entrainement qu’Ivan avait monté dans le garage… Je pus tenir au maximum 5 prises et dès le lendemain, je sentis une douleur intercostale… L’élongation était là. Se frictionner de gaulthérie, d’arnica et d’eucalyptus citronné pendant 15 jours, ralentir de nouveau l’escalade… OK, OK, je vais y aller plus mollo! Mon corps a besoin de reprendre ses marques! La prochaine fois, je m’entraînerai plutôt à faire des trav’! 😉

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ツ A la verticale de soi

En octobre, j’attaquais les A/R quotidiens pour les rayons sur Toulouse. Heureusement pour moi, ces derniers n’avaient absolument rien à voir avec les chimios. J’étais en forme et continuais de l’améliorer! J’en profitais pour découvrir, avec une amie, une des salles Altissimo de la ville rose  et dès qu’Ivan le pouvait également, nous allions grimper en falaise ou les soirs à notre salle ariégeoise du petit village d’Auzat. L’été indien fut notre ami! Après avoir été à l’horizontale de soi pendant ces derniers mois (voire des années?), je pouvais me redresser, me retrouver à la verticale de soi et appliquer la citation de Christophe Bichet (cf au dessus)…

Retrouvez la revue du livre « A la verticale de soi » dans le prochain webmag de Gratteron et Chaussons!

Le dernier livre de Stéphanie Bodet est une merveille de sensibilité face au rocher. De la poésie, une biographie, des instants de vie simples, des anecdotes qui rendent nos vagabonds de la verticale encore plus humbles, humanistes et accessibles… Eux qui atteignent l’inaccessible… « Vous y trouverez des souvenirs d’enfance, des récits de voyage et d’escalade – l’évocation de ces belles heures « suspendues  » et de la magie des hauts lieux qui nous sont chers – mais aussi la vie de tous les jours qui n’est pas faite que d’exploits ni de performances, mais de périodes de deuil, de questionnements, de fragilité. Des instants que le simple retour à la nature et au rocher permettent de traverser avec plus de légèreté. La vie est un exercice de funambule !« 

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ღ En rémission !

Aujourd’hui, on peut dire que je suis officiellement en « rémission »… ! Mon colocataire est parti. Ce n’est pas pour autant que je ne sens pas encore quelques uns des effets des chimios aujourd’hui… J’ai retrouvé une bonne partie de mes muscles (je me suis mise à quelques exercices de renforcement musculaire et de gainage). Je suis, par contre, aussi souple qu’un verre de lampe… et je refais régulièrement depuis peu de temps, des asanas de yoga comme la salutation au soleil le matin ou celle de la lune le soir. Mon souffle est lui aussi… à bout de souffle. Sans doute le plus long à revenir… les marches d’approche et certaines voies en conti aident en ce sens. Et enfin, c’est aussi au niveau du foie et des intestins que je sens encore quelques souffrances… il me faut beaucoup de fruits et légumes, des tisanes dépuratives et digestives, des probiotiques, et un peu d’homéopathie pour continuer à aider mon corps à évacuer tout le chimique et la « surmédication » que j’ai reçu ces derniers mois…

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J’ai pu lire le mois dernier, que la FFME se mobilisait pour Octobre Rose et le cancer du sein.  Je trouve que c’est une très bonne idée! « On en parlait sur le site de la FFME l’année passée, la Ligue des Pays de la Loire a lancé un projet Sport et Santé Cancer depuis novembre 2014 en partenariat avec l’Institut de Cancérologie de l’Ouest (ICO). Ils ont imaginé la possibilité d’offrir aux patientes atteintes d’un cancer du sein une activité supplémentaire, en pratiquant régulièrement l’escalade dans un lieu prévu à cet effet dans une salle à Nantes, ponctué en fin de cursus par une sortie en site naturel […] Le programme escalade améliore l’amplitude de l’épaule : + 20% (abduction) et la force maximale de préhension : + 7 kg. L’escalade est aussi une manière de se réapproprier son corps, de se fixer un beau challenge dont la réalisation – matérialisée par la dernière dégaine – permettra de reprendre confiance en soi et en son corps« .

Mes seules demandes ? Que cette initiative s’élargisse au territoire national et surtout que cela ne soit pas seulement réservé aux personnes ayant eu un cancer du sein… Pour ma part, j’ai eu un lymphome de Hodgkin et l’escalade m’a offert la liberté pour le corps et l’esprit!

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Bonne grimpe et bonne cueillette!

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19 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Merlin Véronique dit :

    Merci Mélanie pour ce beau témoignage plein d’espoir. Toute ma carrière j’ai accompagné des patients et les battants dont tu fais partie s’en sorte beaucoup mieux que les autres. Tu as su reconnaître et accepter tes moments de faiblesse pour en ressortir encore plus forte. Je finirai par une citation de Bouddha: » celui qui est le maître de lui- même est plus puissant que le maître du monde. »
    Je vous embrasse affectueusement tous mes deux.
    Véronique

    1. Mélanie dit :

      Merci pour ton retour Véronique. Personnellement, je ne me considère pas comme une battante… plutôt comme quelqu’un qui se sait tout petit face à cet univers et qui doit beaucoup à la vie et à toutes les personnes qui m’ont soutenue d’une façon ou d’une autre… !
      Ta citation est appropriée ici car, c’est dans ces moments que nous nous rendons compte justement, qu’être maître de soi-même, est une chose très difficile à accomplir…

  2. Amerio dit :

    J’adore votre site et les différentes passions que l’on y rencontrent.????
    Félicitations pour votre combat face à la maladie.
    Puisse la remission être définitive .
    Bien à vous ????
    Sophie Amerio

    1. Mélanie dit :

      Merci Sophie pour ton message qui fait chaud au coeur! Ce site vit aussi grâce à vous tous! Nous essayons de partager ce qui nous tient à coeur, tout en espérant que cela puisse « servir » à d’autres!
      A très vite ici… ou sur FB!

  3. Florence dit :

    Merci pour ce témoignage. Il m’a beaucoup touchée.
    Il mérite une large diffusion.
    Bravo Mélanie

    1. Mélanie dit :

      Merci ma belle florence! Et tu sais quoi? J’ai appris hier qu’une ado de 14 ans n’allait plus venir au collège d’Ivan ces prochains temps pour cause… de lymphome de Hodgkin…
      Je vais voir si je peux la contacter… et essayer de la soutenir… comme beaucoup ont fait pour moi… Mais je pense que réellement, seules les personnes qui ont vécu des maladies longues et pénibles, voire la « même chose » peuvent comprendre ce que ressentent les malades… <3

  4. Cathy dit :

    Merci Mélanie pour traduire en mots la maladie et ses empêchements de vivre. Même si, dans mon cas il s’agit d’une maladie de Lyme chronique donc sans espoir (pour le moment) de rémission. Mon grand âge et les quelques30 kgs accumulés malheureusement depuis 17 ans cumulés à cette saleté de pathologie m’empêchent désormais de grimper. Mais tes textes me rappellent tant de bons souvenirs… J’espère faire ta connaissance car je suis heureuse que ta route ait croisée celle d’Ivan. Je vous embrasse tous les 2. Bonne rémission et profite à fond de chaque instant.

    1. Mélanie dit :

      Merci Cathy pour ton retour! Oui la maladie de Lyme est une belle cochonnerie (que j’ai soupçonné d’avoir attrapé pendant mes chimio car j’avais réagi anormalement à une piqure de tique, mais apparemment, non, c’est tout bon). ET je trouve que les personnes qui, comme toi, ont cette maladie ont encore plus de force et de courage que moi avec mes quelques mois de chimio.
      Tu crois que tu ne pourrais tout de même pas faire quelques petites voies, dans des cotations faciles et en moulinette? Comme, je le dis, même du 2 ou du 3 en cotation, çà fait toujours du bien de toucher le rocher, de nous sentir vivre, de le sentir vivre hors du temps…

  5. munoz dit :

    Bravo pour ton courage, il en faut beaucoup pour affronter cette maladie et je sais de quoi je parle, ayant été touché moi aussi par un lymphome! La grimpe m’a permis de garder le moral et la confiance aux medecins.je te souhaite beaucoup de grimpe pour les années à venir !peut être nous croiserons nous un jour????j’habite les Pyrénées tout près de Pêne haute.
    Marc

    1. Mélanie dit :

      Merci Marc pour ce retour! As tu eu aussi un lymphome de Hodgkin ou un autre? Héhé, alors, tu as du bien reconnaitre la photo concernant Pene Haute dans l’article… Peut etre même vois tu le secteur « facile » à l’extrémité de la falaise où personne ne va… 😉
      Nous retournerons à cette falaise, tellement belle!

  6. Faup sylvie dit :

    Bravo Meladonie,
    Très beau témoignage de volonté et du désir de vivre par dessus tout et de la maladie qui devient une force. Tu as gagné haut la main. Merci à la montagne et son petit lutin Yvan de t’avoir « encordée  » à la vie.
    Profites-en plus que tout et qui sait , au détour d’un caillou le plaisir de se revoir…bises

    1. Mélanie dit :

      Merci Sylvie pour ton message! ET merci pour les autres que tu m’as envoyé tout au long du chemin! Comme je le dis régulièrement, ce sont toutes vos pensées et petits mots qui m’ont aidé et donné beaucoup de forces! J’espère bien te croiser au détour d’un rocher! N’hésite pas à me dire lorsque tu passes par chez Alain! Les montagnes et moi même t’attendons! bisous ma sylvie malicieuse

    2. Munoz dit :

      Bonjour Melanie
      Excuse moi pour cette réponse un peu tardive! Non je n’ai pas eu le même lymphome que toi,mais un folliculaire! J’ai eu un premier traitement qui m’a amené en remission puis rechute 6 mois après et deuxième traitement beaucoup plus lourd avec autogreffe de moelle! En tout 1 an et demi de traitement. Maintenant ça fait un an et demi que j’ai fini et ça va ???? mais ton lymphome se guérit très bien! Ça me ferait plaisir de te rencontrer et si tu viens grimper dans le coin , pourquoi pas en profiter????
      A bientôt j’espère.
      Marc

      1. Mélanie dit :

        alors, ce lymphome là, je n’avais jamais entendu parler! par contre, lors de mes chimios, j’ai eu des rencontres avec des personnes avec mon lymphome mais à un stade plus avancé et qui devaient, comme toi, faire l’autogreffe de moelle… Dis donc, toi aussi, c’était il n’y a pas si longtemps! il va falloir aller fêter nos rémissions en falaise! Car tu as raison, il faut en profiter et s’il y’a bien un truc que nous apprend une maladie de ce genre…, c’est le fameux lacher prise et de relativiser! 🙂 Lorsque nous irons dans le coin, je te ferai signe! et idem, si tu viens du coté de l’ariège!
        A bientôt!

  7. Stéph dit :

    C’est un magnifique témoignage ! Mais je suis surtout heureuse de te savoir débarrassé de ce coloc!!
    Quelle chance d’avoir pu trouver cette activité bonheur!
    Prend soin de toi!
    Je vous embrasse

    1. Mélanie dit :

      J’espère que toi aussi, tu pourras t’y remettre un jour! Et encore merci à vous et Eloane! <3

  8. Charlotte dit :

    Un très bel article, touchant et juste. Félicitations pour cette victoire contre la maladie. Pour ma part, je pense que le mental participe énormément à la rémission, quelque soit le sujet contre lequel on lutte, et l’escalade est formidable dans ce sens là: grimper nous aide tellement à prendre confiance en soi, en ses capacités. J’ai arrêté la grimpe pendant plus d’un an, suite à un violent accident de vélo. Fracture ouverte, une opération, puis deux, puis une greffe osseuse. Lorsque j’ai eu l’autorisation de me retrouver à nouveau sur un caillou, j’ai pris conscience de ma petitesse face au rocher (faut dire que c’était dans les gorges du Tarn, le cadre se prête bien à l’humilité), mais je me suis dit « voilà, c’est fini, fini la douleur, la frustration, le kiné, le chirurgien, tout ce bordel. Tout va bien, et regarde autour de toi comme la vie est belle! » C’est vraiment ce que l’escalade m’apporte au quotidien: relativiser mes soucis, aller plus loin, plus haut, plus déversant, me sentir à ma place, mettre un pied devant l’autre. Encore bravo pour la traversée de cette épreuve.

    1. Mélanie dit :

      Je suis totalement en phase avec ton commentaire! Et bravo à toi, pour ton propre challenge! 🙂 Pour ma part, je compte bien progresser petit à petit en escalade mais je cherche avant tout à me faire plaisir maintenant! Et toujours, je remercie le rocher pour ce qu’il m’a apporté dans chaque voie! A très bientôt ici ou sur les réseaux sociaux!

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